Biographie

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Charles Dekeukeleire (1905-1971)réalisa  quatre films expérimentaux: Combat de boxe (1927), Impatience (1929), Histoire de détective (1930) et enfin Witte Vlam (1931).

Pendant sa brève carrière de cinéaste expérimental, Dekeukeleire travailla comme producteur indépendant. Il utilisait une caméra 35 mm et du matériel d’éclairage qui lui appartenait en propre, et transformait en studio des chambres à coucher ou des cabanes: “Je fais tout moi-même: j’achète de la péllicule vierge, et quand elle sort de chez moi, c’est un film. Je mets en scène, j’opère et je développe moi-même”.

Le cinéaste semble en effet avoir atteint les limites de ce qui était possible de réaliser à l’époque du muet, et ce pratiquement sans assistance. Après ces quatre films expérimentaux, il dut bien se rendre à l’évidence: il ne pouvait continuer ce travail en solitaire.

 

A partir de 1930, il donne une série de documentaires-reportages sur des sujets brûlants: Dixmude, qui démystifie les liturgies du nationalisme flamand, Visions de Lourdes, qui jette sur l’aspect mercantile des pèlerinages une lumière crue, et Terres brûlées, vision très personnelle de la colonie congolaise, à la fois d’humaniste et de sociologue.

En 1937, Charles Dekeukeleire réalise un long métrage de fiction, Le Mauvais Œil, dont le sujet, qui relève du fantastique, est basé sur la survivance des superstitions en milieu rural flamand. Malgré ses très hautes qualités, le film ne recueille qu’un succès d’estime et Dekeukeleire retourne au court métrage. Avec succès. Le premier grand prix du Documentaire lui est décerné au festival de Venise pour Thèmes d’inspiration (scénario de Roger Avermaete), qui fait impression car l’auteur innove dans un genre encore peu exploré, celui du film d’art. Le Fondateur, mosaïque savante d’images réelles et de documents filmés consacrée au règne de Léopold 1er, est classée hors concours au festival mondial du Film de 1947.

Quelques réussites d’une beauté et d’une sincérité absolues figurent encore dans la série qu’il tournera par la suite. Mais la paralysie l’atteint. Ses derniers élans sont stimulés par la télévision. C’est Emily Dickinson (1962), une émission consacrée à la vie et à l’œuvre de la poétesse américaine, et qui fait date dans les annales du petit écran.

Lorsqu’il meurt, il laisse l’image d’un chercheur passionné et lucide, qui a su mettre un talent immense au service des petites et des grandes causes. Avec beaucoup, beaucoup d’intelligence.