Bande de cons !

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1970, 16 mm, noir et blanc, 80 min

Réalisateur : Roland Lethem
Scénario : Roland Lethem
Images : Claude Neckel et Jean-Pierre Etienne
Production : Natacha Schinski
Interprétation : Jean-Pierre Delamour, To Katinaki, Paul Lambert, Jean-Pierre Bouyxou, Monica Swinn

 

(..) S’il avoue prendre plaisir à observer la réaction des spectateurs dans la salle, c’est que les films doivent selon lui créer une « situation » extirpant les individus de leur passivité face à l’écran, comme face à la vie elle-même – unique condition pour retrouver un semblant d’authenticité. Provoquant esclandres et tapages, les projections de ses films prennent souvent l’allure de happenings. (…) En janvier 1971, Lethem organise une projection de films militants et, une fois son public installé, substitue aux titres annoncés l’une de ses réalisations, “Bande de cons !” (1970), un long métrage composé de cinq séquences d’une douzaine de minutes montrant un doigt allant et venant dans une narine, entre les-quelles un homme face caméra insulte sans relâche le public, poussant les spectateurs soi-disant engagés à la révolte. On doit également à Lethem la fausse interview d’un collectionneur invétéré de tampax usagés, parmi lesquels ceux de Brigitte Bardot, de Mère Teresa et de la reine Fabiola (Comme le temps paxe vite, 1974). 

(…) Car c’est bien de mise au défi dont il s’agit là. La finalité est la même que dans le dispositif exhortatif mais la manière est toute différente. Dans “Bande de cons !”, le discours énoncé n’est pas tant « Révoltez-vous ! » mais plutôt « Vous êtes des cons parce que vous ne vous révoltez pas. D’ailleurs, même lorsque l’on vous traite de cons, vous ne vous révoltez pas. » La provocation remplace ici le discours exhortatif avec plus de véhémence.Gregory Lacroix, “La mouvance provoc’ du cinéma de Belgique (1963-1975)”, mars 2012

“Une oeuvre agressive du Belge Lethem dégage la moralité des semaines SIGMA”

La France, 18/11/1970

 

Roland Lethem à parfaitement atteint son but : il voulait prouver que le cinéma (l’art en général) endormait les conscience et les rendait insensibles aux réalités monstrueuses de la vie.

J.F.P, Les films underground de Roland Lethem, La métropole, 21/03/1971