Regards sur la Belgique ancienne

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Le film est divisé en deux parties: les trésors de la foi et la liberté communale. Le scénario en avait prévu deux autres, Rubens et son temps et Léopold premier, la création de la Belgique actuelle, qui n’ont pas été tournées. La difficulté résidait sans doute dès le départ dans le cahier des charges: survoler l’histoire d’un pays en un gros quart d’heure suppose que l’on cravache et galope au travers des événements.

Prenant deux faits fondamentaux de la fin du moyen âge et du début de la Renaissance, les croisades et les villes, Eric de Haulleville a écrit des chapitres de livres d’histoire ou plutôt des propos de conférence pour beaux esprits.

Disons que cette approche du commentaire date terriblement. Le réalisateur n’a eu qu’à l’illustrer avec des plans de beffrois et de cathédrales et quelques séquences de processions et de défilés de fête de corporations qui animent et dramatisent le discours. La musique de Maurice Jaubert joue sur le mimétisme culturel. Par contre le film véhicule une idée prémonitoire, celle de la Belgique carrefour européen.


Réalisateur : Henri Storck

Assistant : Arnaud Henneuse

Commentaire : Eric de Haulleville dit par Camille Goemans

Prise de vues : John Fernhout

Assistant : Marcel Deflandre

Montage : Henri Storck

Musique : Marcel Poot

 

Film de commande : Office Belgo-Luxembourgeois du Tourisme

 

35mm/N&B/20 minutes/1936

 

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II a réalisé un documentaire qui met en lumière les vestiges d’époques… pleines de couleur, de violence et de faste. La réussite ne s’arrête pas à cette heureuse composition: il faut voir, en effet, avec quelle artistique piété Storck a touché au passé et avec quel goût il a asservi la lumière pour auréoler une vieille pierre, donner du relief et de la majesté à une tour d’église.

Carl Vincent, L’éventail, 14 février 1937.

 

Sa grande innovation réside en l’emploi de documents iconographiques en alternance avec des vues dynamiques de sites et monuments architecturaux. Par des travellings avant et arrière, des panoramiques latéraux ou verticaux, Storck a été le premier à animer des éléments par essence statiques tels que gravures et peintures et cela dans le but de raconter une histoire, de raconter l’Histoire.

Francis Bolen, Histoire authentique du cinéma belge, Ed. Mémo et Codec, 1978.

 

 … Evoquer avec cette force et cette sobriété la courbe même de notre histoire, sans le secours d’aucune mise en scène, d’aucune figuration, sauf simplement décorative, et par le seul moyen d’une technique habile à tirer de ces limbes de pierre la vérité d’hier, exigeait une remarquable faculté de synthèse et une maîtrise enviable du langage cinématographique…

Marc Carghèse, L’indépendance belge, 19 février 1937