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Impatience

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Cinq motifs composent ce poème visuel dont le thème est le désir charnel: une femme nue est agrippée à sa moto, le paysage défile à grande vitesse, le moteur tremble. Irruption de masses géométriques.

1928. 35 mm., noir et blanc, muet, 36′.

 

Pour son second film, Charles Dekeukeleire a eu recours à cinq motifs qui, disposés en quasi-alternance, sont réputés signifier une manifestation de l' »impatience »

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L’homme tendu sur sa moto, le paysage que torture la vitesse frénétique de l’engin, les tremblements du moteur, le corps nu et le visage d’une femme, le souple va-et-vient de masses géométriques : telles sont les don- nées fondamentales qui reviennent comme des constantes exploitées sans relâche et que Dekeukeleire soumet au pouvoir d’un montage court.

 

Le réalisateur nous situe d’entrée de jeu avec véhémence dans le mécanisme en action d’une « sentiment ». Mais la progression n’apparaît pas toujours nettement sauf sur la visage de la femme qui passe, insensiblement, de la fixité au tourment et à l’extériorisation de son angoisse.

 

Au-delà de la capture délicate des signes d’une évolution affective, il apparaît évident que Dekeukeleire s’est davantage attaché à tirer de la tension même du sujet un intéressant parti de formes. Il en résulte des contrastes visuels abrupts entre, d’une part, une nature et des prises de vue bouleversées par l’ardente chevauchée de la moto et, d’autre part, l’immobilité – passionnée – des faces, que travaille chez l’homme une étrange mobilité du regard, et celle des corps que rejoint la régularité des tremblements de la machine saisie en une multiplicité de gros plans fixes. Cette dernière rencontre suscite, à l’intérieur des oppositions, diverses correspondances qui me tent en parallèle et vont parfois jusqu’à superposer les frémissements du moteur et ceux du corps lointain : phénomène d’assimilation n’excluant pas tout à la fois ‘audace et la facilité, mais qui atténue par ailleurs la dureté des contrastes, entre les pôles desquels le balance- ment intermittent, mais aussi terminal, de formes géométriques jette comme une passerelle.
Ainsi s’accomplit le cycle d’une dialectique au terme de laquelle il n’y a plus que l’abstraction d’une oscillation métronomique.
L’intensité de la mise en situation, évoquée plus haut, et qui porte atteinte à un processus de gradation qu’au demeurant le rythme du film était chargé de signifier en priorité, s’ajoute à la durée objective du film pour produire le sentiment d’une longueur excessive. Ceci explique que le film n’ait pas été distribué, Dekeukeleire, qui reconnaissait plus tard le bien-fondé de ce reproche, ayant – par idéalisme de jeunesse, comme il nous le disait -refusé les coupures.